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NATE LOWMAN A LAZARO HERNANDEZ ET JACK MCCOLLOUGH

 

 

Nate Lowman, le petit ami de Mary-Kate, s'est livré à cette interview américaine en décembre 2007. Cette interview a été réalisée par Lazaro Hernandez et Jack McCollough, les créateurs de la marque de vêtements Proenza Schouler, qui sont également des amis du jeune homme.

 

 

Lorsque nous avons vu combien on discutait beaucoup de la Art Basel qu'il y a actuellement à Miami (il s'agit d'une semaine consacrée à l'art tous les ans en décembre à Miami, NDLR), on a réalisé qu'il était de notre responsabilité d'explorer l'autre côté de ce milieu. Certains de nos amis, qui semblent beaucoup attirer l'attention dans le monde de l'art ces temps-ci, sont restés à New York cette année et ont décidé de ne pas venir à Miami pour une raison ou pour une autre. Certains d'entre nous étaient en train de siroter un verre hier soir quand quelqu'un a soudain fait remarquer que la Art Basel de Miami était devenue une sorte de fête people avec le temps. Nous avons donc décidé d'interviewer notre ami Nate Lowman - l'un des leaders de ce nouveau mouvement qui a également décidé de rester à New York cette année - à propos de son travail et de ses idées sur le monde de l'art contemporain.

 

L. Hernandez & J. McCollough : L'histoire de l'art a toujours connu différents mouvements d'artistes réunis en groupes. Certains des artistes qui sont nés ces dernières années semblent appartenir à un mouvement spécifique. Est-ce que tu penses qu'appartenir à un groupe peut être bénéfique pour un artiste? Comment peut-on ressentir sa propre individualité quand on fait partie d'un large mouvement?

Nate Lowman : Et bien vous savez, l'histoire est généralement écrite par des vainqueurs : Les écrivains, les universitaires, les propriétaires, Jesse Helms.... Même Hitler y est parvenu (en tant que conservateur). Le monde du journalisme par exemple semble préoccupé à dénicher des tendances nouvelles en ce moment. Ainsi, certains jeunes écrivains pensent qu'il est de leur devoir de rendre l'art et les artistes plus digestibles, tout ça parce qu'ils pensent que l'on travaille tous ensemble d'une certaine façon. Je crois que cette façon de penser est basée sur des croyances puritaines comme l'acceptabilité, croyances avec lesquelles je ne suis pas d'accord. Et tandis que Ryan, Dash, Dan, Aaron, Adam, Agathe, Hanna, moi et d'autres encore sommes mentionnés dans un seul et même souffle, il y a des tas d'autres artistes, d'écrivains, de musiciens, d'acteurs, de marginaux, de créateurs, de vandales et de voleurs qui ne le sont pas. Mais dans ce mouvement, nous avons tous besoin des uns et des autres. Je passe beaucoup de temps seul à travailler sur des choses qui n'ont qu'un faible public, c'est pourquoi il est important d'avoir la foi. Ne pas se prendre la tête, c'est ce qui compte. Je fais ce que je fais, et les individus ne sont de toute façon que les rouages de quelque chose de plus grand. Martha Rosler m'a parlé du Bowery récemment (qui est un peu comme le nouveau Broadway), et elle m'a dit : "Il n'y a pas de fragments quand il n'y a pas de totalité".

L. Hernandez & J. McCollough : Qu'est-ce qui t'intéresse en tant qu'artiste? Parle-nous un peu de ce qui guide ton travail. Quelles idées travailles-tu généralement à travers tes œuvres?

Nate Lowman : Ce qui m'intéresse dans l'art, ce sont les autres gens. Je m'intéresse aussi au langage, plus particulièrement aux failles du langage. Les gens sont à la fois doués et mauvais pour communiquer. Si je dis "mec" au début ou à la fin d'une phrase avec une certaine intonation, aucun d'entre vous ne saura ce que je veux dire par là. Et il en est de même avec le langage visuel. Ce qui m'intéresse, c'est de voir comment une photocopie, la une d'un journal ou encore un autocollant peuvent à la fois donner quelque chose de fouillis et de concret, ainsi qu'engendrer des questions sur le monde. Je travaille sur des choses secrètes que je ne souhaite pas dévoiler pour le moment, mais cette idée m'est venue d'une chose que j'ai faite il y a an. J'ai fait une pierre tombale qui disait : "Ici git Nate Lowman, 01/02/79 - 06/12/06. Victime de vol d'identité." J'ai fait ça car j'étais déprimé à propos de nombreuses choses à l'époque. La raison principale à cela, c'est que ça devenait de plus en plus dur de me faire au fait que je créais des objets de luxe pour des gens riches que je détestais sans doute. Je ne détestais personne en particulier, mais je détestais l'idée que j'avais d'eux. Quand j'ai commencé à amasser beaucoup d'argent, d'ailleurs, j'ai trouvé ça triste et déconcertant. J'ai ceci dit essayé de rire de mes peurs. Et puis cela est passé. Je suis incapable de faire autre chose de toute façon, et j'ai la chance d'avoir le plus beau travail du monde. J'ai donc décidé de profiter de la vie et d'arrêter d'être aigri. Ceci dit, je continue à dire "mec" à tout bout de champ et à remonter mon pantalon toutes les secondes.

L. Hernandez & J. McCollough : Tu as organisé beaucoup d'expositions en dehors de ton propre travail. Qu'est-ce qui te plait là-dedans? Comment as-tu commencé à faire ça? Etait-ce à un moment spécifique de ta vie ou est-ce parce que ton travail est relié à une certaine idée commune dans le monde de l'art?

Nate Lowman : Pour être honnête, je déteste juger les travaux des autres. Je ne sais pas comment les gens peuvent considérer cela comme un vrai travail. C'est trop facile de dire que telle œuvre ou tel artiste sont mauvais quand on se trouve à cette place. Mais quand la galerie Gagosian ou quelqu'un d'autre me demandent d'organiser une expo, je sais que je n'aurai sans doute jamais les ressources nécessaires pour réunir tous les gens que je trouve incroyables comme Jessica Diamond, Lygia Clark ou encore Paul Feeley dans la même pièce que Agathe Snow et Devon Costello, par exemple. Et c'est difficile de s'en passer. J'ai organisé un spectacle avec Adam McEwen, ça m'a beaucoup plu. D'habitude, il s'agit plutôt de rester assis devant un ordinateur et un téléphone et de décider quels artistes accepter ou non pour l'exposition.

L. Hernandez & J. McCollough : Il est intéressant de voir comment l'art est devenu la nouvelle forme de culture à la mode. Tous les magazines de mode proposent une rubrique consacrée à l'art, et toutes les boutiques essayent de ressembler à une galerie. Est-ce que tu trouves que l'homogénéisation de l'art est une bonne chose?

Nate Lowman : L'odeur du succès est douce et insaisissable. L'odeur de la frustration, quant à elle, je la sens sur mes lèvres.

L. Hernandez & J. McCollough : Nous sommes récemment allés à Marfa voir la Fondation Judd. C'était très intéressant de voir quelqu'un qui crée non seulement une œuvre mais aussi l'atmosphère qui va avec. D'une certaine façon, une œuvre est mise en valeur ou dissipée par l'environnement dans laquelle elle est exposée. Quelles sont tes conditions idéales pour une exposition? Les as-tu déjà vues réalisées?

Nate Lowman : J'ai installé l'une de ces pierres tombales dont je parlais dans une maison dans le district des Hamptons. Celle-ci possède un immense jardin rempli d'œuvres d'art : Ce jardin est comme une sculpture en elle-même, si je puis m'exprimer ainsi. J'ai sélectionné une parcelle du terrain où il y avait un monticule d'herbe et je me suis approprié cet endroit. Mais ce n'est pas le même genre d'univers que dans un film de Judd ou de Matthew Barney. Je ne fais pas partie des maîtres de l'univers. Je ne suis pas un surhomme.

L. Hernandez & J. McCollough : Hier soir, nous avons remarqué en nous promenant que certains de nos amis qui viennent habituellement à Miami à cette époque ne sont pas venus cette année. Il semble y avoir comme un clash vis-à-vis de l'Art Basel cette année au sein même des gens que nous connaissons. Pourquoi selon toi?

Nate Lowman : Je n'ai rien contre Miami, mais l'un de mes amis m'a exposé sa théorie selon laquelle la loyauté ne serait plus de mise cette année, et j'aime cette idée selon laquelle une chose si colossale peut disparaître ainsi en un rien de temps.

 

 

 

 

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