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NATE LOWMAN A INTERVIEW

 

 

Nate Lowman, le petit ami de Mary-Kate, s'est livré à cette interview américaine en février 2009. Cette interview a été réalisée par Leo Fitzpatric, qui est justement un ami du jeune homme.

 

 

Leo Fitzpatric : Beaucoup de gens pensent sans doute qu'il est plus simple pour deux amis de se livrer à une interview. Est-ce que c'est difficile pour toi de parler de ton travail?

Nate Lowman : Oui, c'est assez difficile. Le travail est tellement présent dans l'esprit des gens que généralement, lorsqu'on nous demande d'en parler, on à tendance à répondre : "Sur quel aspect de mon boulot voudrais-tu que je te parle?" Dans mon studio, il y a des tas de smileys griffonnés un peu partout par mes amis, et certains sont de toi, d'ailleurs. Essaye d'expliquer ça aux gens. J'ai peur qu'en essayant de parler de mon travail et de lui donner un sens, je m'emmêle les pinceaux. Une fois, mon ami Jeff Elrod avait un tableau en tête, et il n'a pas su le réaliser. On partageait un studio auparavant, et je me souviens qu'il faisait plein de tableaux avec des couleurs pastels et qu'il disait parfois : "Je sais à quoi cette peinture va ressembler, alors à quoi bon la finir? Je sais déjà qu'elle va être super". Il avait cela en tête et impossible de le faire changer d'avis. Il a toujours vécu ainsi. Moi je me disais tout le temps : "Allons, mec, finis-la quand même". C'était comme s'il ne voulait pas s'ennuyer avec ses idées, si bien qu'il ne les exploitait pas à fond. Il m'arrive de faire ça aussi, mais je trouve que c'est égoïste. Car tout ce qu'il nous reste demeure secret, et on ne peut le partager avec personne.

Leo Fitzpatric : Alors tu trouves qu'il est plus difficile de décrire les smileys qu'il y a dans ton studio plutôt que les simples portraits ou encore les tableaux que tu fais?

Nate Lowman : La plupart des images que j'utilise sont déjà présentes chez le public ou chez les médias. Moi, je ne fais que me les approprier, les photographier ou encore les repeindre. Ainsi, on en a déjà parlé et elles ont déjà été consommées, si je puis m'exprimer ainsi. Je ne fais que rouvrir ces images pour amener les gens à avoir un deuxième, un troisième, voire un quatrième avis à leur sujet. C'est une question de communication, en fait. J'ai vraiment l'impression que les êtres humains ont un gros problème d'incompréhension entre eux. On n'arrive pas à communiquer avec les autres. On arrive à se battre, à se tuer, ça on y arrive très bien. La communication est à la fois la chose la plus belle et la plus dangereuse qui soit car d'un côté elle nous permet de nous exprimer, mais d'un autre, elle peut tout compliquer.

Leo Fitzpatric : Comment t'es venu cet intérêt pour les smileys?

Nate Lowman : Ceci a commencé avec un fait particulier, plus précisement avec Simpson (Orenthal James Simpson, joueur de foot et acteur américain accusé d'avoir tué sa femme dans les années 90, NDLR) quand il s'est attiré des problèmes avec le procès relatif à son épouse, Nicole Brown. Il a écrit à ses fans une sorte de lettre de suicide et il a signé : "Peace & Love, O.J". Dans la lettre O se trouvait un smiley avec un grand sourire, et il suffisait simplement de regarder cette note pour réaliser combien cet homme était fou pour insérer un tel dessin dans une lettre d'adieu. Des tas de gens utilisent des smileys dans leurs lettres. On dirait une sorte de pulsion insensée : "Je suis heureux! Je vous le jure!" Je ne cautionne pas cette pratique, et je ne crois pas ces gens. Il y a quatre ans, j'ai réalisé des travaux basés sur ces lettres O.J, et maintenant je fais des tas de réalisations là-dessus.

Leo Fitzpatric : Es-tu surpris par les différentes expressions que l'on peut décrire avec un simple smiley?

Nate Lowman : Bien sûr, trois traits de crayon suffisent. Mais c'est stupide car on les voit partout. Tous les cafés par exemple ont un smiley quelque part dans leur local. Ça me rend dingue. Ce projet est une bonne excuse car peut-être que ça me fera sortir ça de la tête. Il y a tant de désirs qui te font réaliser une oeuvre. C'est bien que je puisse travailler sur ces smileys qui m'obsèdent. Peut-être qu'ainsi j'arriverais à me les sortir de la tête et que je pourrais penser à autre chose. C'est si banal et si fou à la fois!

Leo Fitzpatric : Tu as également organisé quelques expositions, parmi lesquelles notamment "The Station" avec Shamim M. Momin à Miami en décembre dernier. Est-ce que tu aimes prendre une pause dans ta carrière en attirant l'attention sur d'autres artistes?

Nate Lowman : Oui, c'est l'un de mes plus grands intérêts : Collaborer avec d'autres artistes à travers des expositions. Je suis très intéressé par la différence qu'il y a entre l'égoïsme et la générosité. Ça me rend confus de ne pas finir ce que j'entreprends car parfois j'ai l'impression qu'il s'agit d'une simple indulgence de ma part. Les gens ont de drôles de préjugés sur les artistes : Ils les voient romantiques, généreux, et parfois j'ai l'impression d'être un con, un enfant égoïste, un imbécile qui a eu de la chance en faisant ce qu'il aimait et qui peut vivre de sa passion. Mais il y a d'autres fois où je me trouve généreux. Je pense à des artistes généreux et ils m'inspirent beaucoup de par leur travail. C'est pourquoi j'aime organiser des expositions. On ne peut pas prendre l'art de quelqu'un et se l'approprier. On ne peut qu'être respectueux envers ces autres artistes.

Leo Fitzpatric : Tu as grandi à Idyllwild en Californie, une petite ville montagneuse près de Palm Springs, et ton père s'occupe d'une école d'arts bénévole là-bas. Ainsi, quand tu étais petit, tu savais déjà comment collecter des fonds afin de faire vivre l'art. Est-ce que ça t'a aidé pour ta carrière?

Nate Lowman : Mon père récoltait de l'argent pour cette école, il gérait cela comme il le pouvait et il ne m'y a jamais mêlé. Lorsque j'ai réalisé comment l'école fonctionnait et ce que mon père faisait pour la conserver, ce que ma mère et lui ont fait pour nous acheter de quoi manger, j'avais déjà déménagé à New York. Mais ils m'ont toujours soutenu dans ma carrière. Quand j'étais petit, j'avais déjà une âme d'artiste. Je restais assis à écouter Sonic Youth et à peindre. C'était fantastique.

Leo Fitzpatric : Tes parents t'encouragent toujours, aujourd'hui?

Nate Lowman : Oui. Je ne sais même pas si je suis aussi talentueux que ça. Je ne sais pas vraiment dessiner, d'ailleurs, mais j'ai eu un réel accès à toutes ces choses. Je jouais aussi au basket, mais je suis petit et assez lent. C'était sympa d'avoir une chose qui me plaisait réellement. De toute façon, il est important d'occuper ses enfants.

Leo Fitzpatric : Est-ce que tu regardais beaucoup la télévision dans ton enfance?

Nate Lowman : Non, très peu, car la ville où j'habitais est très petite et se trouve dans les bois. On captait vraiment très mal.

Leo Fitzpatric : Ma mère faisait une chose incroyable qui m'a toujours énervé. L'hiver, on avait le câble, et l'été, dès qu'il commençait à faire chaud, elle le coupait car elle détestait qu'on reste enfermés à la maison devant la télé.

Nate Lowman : Elle avait sans doute besoin d'un peu de tranquillité ou d'intimité, c'est pour ça qu'elle vous mettait dehors.

Leo Fitzpatric : Oui. C'est pour ça que quand j'étais jeune et que j'ai commencé à faire du skate, j'ai trouvé ça parfait, finalement. J'allais skater tous les jours et ma mère ne me suivait pas partout pour me faire la morale. Je pouvais faire tout ce que je voulais jusqu'à minuit environ, après quoi je devais rentrer à la maison. Le skate a vraiment tout changé dans ma vie : Je ne m'intéressais plus du tout à la télé, aux films, et quant à la musique, je ne m'y intéressais que très peu car ça fait tout de même partie de la culture du skate. J'ai rencontré des tas d'enfants de milieux différents, et je pense que si ma mère nous avait laissés scotchés devant la télé, je n'aurais jamais découvert les joies du skate. Et puis qui sait? A cette heure je me serais peut-être retrouvé à travailler dans une banque quelque part. Peut-être même que j'aurais eu le bac! [Rires]

Nate Lowman : Il y a eu un magasin de skate pendant un moment dans ma ville, et nous étions tous obsédés par ça. Nous avions même une rampe, mais je n'arrêtais pas de me cogner la tête partout. Comme je te l'ai dit, il s'agit d'une ville boisée, alors nous n'avions pas beaucoup d'endroits où skater.

Leo Fitzpatric : Une station essence ou un endroit un peu large suffit.

Nate Lowman : Les gens là-bas n'aimaient pas trop les enfants qui faisaient du skate.

Leo Fitzpatric : Je pense que ces enfants s'en fichaient.

Nate Lowman : Ce qui est une bonne chose, d'ailleurs, car ainsi on se met à chercher des endroits secrets et on découvre qu'une maison abandonnée peut-être bien plus qu'une pauvre maison vide, sale et triste.

Leo Fitzpatric : Oui. Et ce qui est bien aussi, c'est que ça nous inculque l'autorité. N'as-tu jamais ressenti, en tant qu'enfant grandissant dans un tel environnement, l'étrange besoin d'être un rebelle tout en menant à la fois une enfance normale?

Nate Lowman : Pas vraiment. J'avais l'impression de grandir normalement, dans une petite ville on ne peut plus normale. Nous devions prendre des routes montagneuses pour aller au centre commercial à Palm Springs, je trouvais ça marrant quand j'avais dix ou douze ans, mais quoi qu'il en soit, je n'ai jamais trop traîné en périphérie de la ville. Et à chaque fois que j'y allais, on me chassait. Moi, j'ai toujours été très intrigué par les grandes villes, comme Los Angeles, par exemple.

Leo Fitzpatric : J'ai grandi dans une famille de classe moyenne en banlieue. Le New Jersey est comme un immense centre commercial à lui tout seul. Mais au moins, j'ai grandi dans un endroit où il y avait une certaine diversité et un fort caractère. Ce n'est pas comme ces petites villes en Arizona où ils construisent un Wal-Mart puis plein de petites choses autour jusqu'à ce que ça devienne une grande ville. On est vendredi aujourd'hui. Une fois, quand j'avais quatorze ans, je suis allé au fast-food un vendredi soir au centre commercial et j'ai essayé de draguer des filles mais je me suis fait misérablement rembarrer. Je suis donc allé faire du skate jusqu'au petit matin après. Voilà à quoi devrait ressembler un vendredi soir. Ça ne me semble pas avoir été une mauvaise journée, quand j'y repense.

Nate Lowman : Ça semble en tout cas bien plus amusant qu'une exposition caritative ou qu'une chose de ce genre. Comme organiser une telle exposition, par exemple! [Rires]

Leo Fitzpatric : Quand je ne tourne pas, j'organise des tas de trucs afin que mon emploi du temps soit rempli à bloc. Je me trouve même des occupations pour la nuit. Je ne me réveille pas avant deux heures de l'après-midi en général, car je me couche généralement vers quatre heures du matin. Ce n'est pas un rythme de vie très sain, ceci dit.

Nate Lowman : J'aime travailler la nuit, moi aussi. J'aime beaucoup peindre à ces heures tardives. D'ailleurs, je le fais très souvent et ça me plait beaucoup car on ne ressent aucun stress professionnel durant la nuit. Même quand on travaille, on a l'impression de jouer. Ceci dit, comme je dors toujours la journée, j'ai toujours cette lettre dans ma poche que j'ai écrite il y a un moment mais que je ne peux pas poster car je ne peux jamais aller m'acheter de timbres.

 

 

- Exemples des oeuvres de Nate  -




 

 

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