Accueil - News - Mary-Kate & Ashley - Médias - Vous - Web - Livre D'or

 

ASHLEY A MARIE-CLAIRE

 

 

Ashley s'est livrée à cette interview américaine en septembre 2009, où elle a d'ailleurs fait la couverture de ce magazine.

 

 

Il y a comme du génie dans le fait de voir la fille la plus chic de New York vêtue d'une tenue de cowboy moulante à franges. Je suis assise avec Ashley Olsen à une table de sa maison de Greenwich Village et je feuillette un album photo confectionné par son arrière-grand-mère qui raconte l'ascension d'elle et de Mary-Kate. Sur les différentes pages sont tendrement collés des articles jaunis issus de journaux locaux relatant leurs premiers pas dans la série La Fête A La Maison jusqu'à leurs débuts en tant qu'icônes de la culture pop : On y voit les jumelles Olsen sur des publicités habillées en génies, en costumes de fées, en robes bouffantes, en costumes de pingouins, en imperméables, montées sur des traineaux, ou encore, oui, en tenues de cowboys à franges.... "Quand je regarde les choses que l'on a faites et les tenues que l'on a portées et que je réfléchis, je me dis waouh, nous étions vraiment des actrices", dit Ashley en regardant une horrible salopette à fleurs qu'elle avait portée lorsqu'elle avait 6 ou 7 ans. "Je me souviens que j'avais adoré la porter", admet-elle tout de même.

Ce qui surprend le plus à travers ces photos, c'est de voir à quel degré la vie des fillettes était réglementée. "C'était presque comme si j'étais à l'armée", dit Ashley. "L'école, le travail, les devoirs, les vols jusqu'à New York, les retours à deux heures du matin, les émissions à cinq heures du matin, suivies d'une autre à sept heures, ainsi que d'une interview à la radio à 10 heures, vous voyez le genre?" Et évidemment, les tenues assorties faisaient partie du programme. La pression était intense, et l'inspection par les adultes encore pire. "C'est pour cette raison que quand je regarde Britney Spears, je suis surprise de ne pas avoir terminé comme elle."

Lorsqu'on voit Ashley aujourd'hui, on a du mal à concevoir cette partie de sa vie. A 23 ans, elle est désormais maître de son destin et elle est devenue l'icône d'un style unique. Elle porte aujourd'hui un pantalon beige en velours côtelé qu'elle a déchiré au niveau de ses tibias, lui donnant un style très original, et qu'elle possède depuis qu'elle a 15 ans, ce qui est plutôt surprenant. (Comprenez plutôt : Elle ne jette jamais jamais ses vêtements. Les costumes de génie et de pingouin? Ils sont planqués dans des entrepôts dans des hangars de Los Angeles.) Elle a en outre assorti son pantalon avec une pièce issue de The Row, la marque qu'elle a créée avec sa soeur : Un t-shirt blanc très léger pourvu d'un col délicatement étiré et de courtes manches qu'elle a retroussées sur ses épaules. Ajoutez à cela des chaussures plates noires sans chaussettes, une délicate chevelure blonde enfouie sous une large casquette de skateur, et vous obtiendrez - du moins avec elle - un style à la pointe de la mode et qui paraît pourtant n'avoir demandé aucun effort.

"Je crois que le sens du style est inné ou ne l'est pas", dit Ashley de sa petite voix doucereuse en faisant craquer ses doigts. "Soit on s'y intéresse, soit on ne s'y intéresse pas. Mary-Kate et moi sommes dans le premier cas. J'adore la mode. Lorsque nous allions à l'université de New York, je crois que c'est la première fois que nous avons pris conscience du pouvoir de notre style personnel. Enfin pas vraiment de son pouvoir, disons plutôt de son impact. Entre les grosses lunettes de soleil, les gobelets Starbucks, les t-shirts larges et la touche bobo chic, nous avons été plus choquées qu'autre chose", explique-t-elle au sujet des commentaires incessants parus dans les tabloïds à ce sujet. "Je veux dire, c'est vrai que nous avions la chance d'avoir de très beaux vêtements, mais nous les accordions de manière étrange. Ma mère porte d'ailleurs des lunettes grosses comme ça", ajoute-t-elle en faisant un geste avec ses mains. "Elles datent des années 70. Vous comprenez maintenant d'où nous tenons ça?" Elle se met à rire. "L'eyeliner foncé, l'écharpe autour du cou, je trouve que c'est très intéressant car ça fait très naturel." Sa famille, explique-t-elle, était "très bohémienne".

"Mary-Kate et moi étions conscientes des tendances et du style, mais en fin de journée, nous ne nous posions jamais de questions à ce sujet. Nous nous demandions plutôt ce qu'on était d'humeur à porter et comment nous voulions l'accorder."

 

Par ailleurs, Ashley pense que le fait d'avoir été malmenées en matière de mode pendant des années et d'avoir été forcées à porter telle ou telle tenue a fait naître chez  sa soeur et chez elle un désir intense de choisir elles-mêmes leurs vêtements. Et cela sous-entendait éventuellement raccourcir et modifier certaines pièces de créateurs afin qu'elles puissent s'accorder à leur petite taille. "Vous n'imaginez pas le nombre de jolies tenues qu'on a complètement ruinées parce qu'on n'avait pas la patience d'attendre qu'un couturier s'en occupe et qu'on les a donc raccourcies nous-mêmes.... Une fois, ma soeur a pris l'une de mes robes et l'a raccourcie, après quoi elle s'est dit zut, je l'ai coupée trop courte." Ashley se remet à rire. "Mary-Kate et moi ne voyons pas la mode en termes de beauté et d'impeccabilité. Nous sommes plutôt du genre à porter des vêtements dans lesquels nous nous sentons bien." Et ils le leur rendent bien! Lorsqu'elle a acheté la montre Daytona qu'elle a justement au poignet aujourd'hui, elle s'est empressée de changer le cadran blanc par un cadran noir et le bracelet doré par un bracelet en crocodile. En d'autres termes, la mode est le moyen par lequel s'expriment les soeurs Olsen, qui semblent parfois nous échapper, et c'est sans doute pour cette raison que leurs deux lignes de vêtements continuent de prospérer malgré la crise financière cataclysmique ambiante. Mary-Kate et Ashley collaborent en proximité sur Elizabeth & James (nommée ainsi d'après les noms de leurs frères et soeurs), une ligne qui mêle douceur et sévérité, et qui comprend par exemple des vestes quelque peu raides et masculines et des t-shirts bouffants plutôt coquins. L'idée était "de donner naissance à un style quelque peu guerrier pourvu d'un esprit masculin et d'une attitude féminine" explique Ken Downing, le directeur artistique de l'enseigne Neiman Marcus. "Les filles continuent de nous surprendre saisons après saisons. Elles ont même réussi à faire des simples leggings noirs un véritable must-have en matière de mode." Mary-Kate s'occupe des concepts primordiaux du label - elle s'est par exemple inspirée des films Oliver Twist et Peter Pan pour la collection automne/hiver 2009 - et Ashley s'occupe quant à elle des détails, des fermetures jusqu'aux boutons. "Rien ne leur échappe", a déclaré Jane Siskin, leur partenaire dans Elizabeth & James.

The Row cela dit correspond plus à leur désir de proposer les indispensables de ce qu'Ashley appelle "les basiques tendances" : Le blazer parfait, le t-shirt qu'il faut absolument avoir dans son armoire, le haut en cachemire qui vous fond entre les mains, tout cela mêlé à une touche intrigante qui se démarque des autres labels. "Je voulais vraiment faire de jolies tenues", dit Ashley. "Une vraie garde-robe sophistiquée". Selon Debi Greenburg, le propriétaire de la boutique Louis Boston : "Ashley jouit d'une personnalité hors du commun, c'est pourquoi ces vêtements se posent avec perfection. La façon dont ils sont coupés donne un formidable rendu sur le corps. The Row est devenue l'une de mes meilleures collections ici."

   

Ashley me conduit à travers différentes pièces de sa maison, décorée un peu comme au hasard. On y trouve des fauteuils en cuir bosselés dont les accoudoirs usés laissent entrevoir le rembourrage, sur les murs sont accrochés un autoportrait très rare de Basquiat ainsi que trois tableaux de Keith Haring qu'elle a obtenus à un prêteur sur gages pour 30 dollars pièce. Dans le coin d'une pièce se trouve la batterie du jeu Rock Band de la console Wii, qui s'avère être le nouveau dada d'Ashley (elle y joue au minimum deux heures par soir). "Je vous jure, c'est impressionnant à quel point ce jeu m'obsède", explique-t-elle. "Je peux être une personne très sérieuse et prendre mon travail très au sérieux, mais à la fin de la journée, j'ai besoin d'une pause." Son petit ami, Justin Bartha, qui a joué dans le film Very Bad Trip, l'aide également beaucoup en ce sens. Il vient d'ailleurs de l'appeler depuis une conférence de presse où il se trouve actuellement en Europe ; Ashley a achevé leur conversation par un "laisse ton téléphone à côté de ton lit" et un "je t'aime". Il est vrai qu'il doit être soulageant pour cette icône qui se suffit à elle-même d'avoir quelqu'un sur qui elle peut compter et qui sait mettre ses ambitions en stand by. "C'est plus important que n'importe quoi d'autre au monde", dit Ashley.

Dans la salle-de-bain qui se trouve à l'étage, elle me montre quelques-uns de ses bijoux préférés : Une grosse bague sertie d'une pierre orange qu'elle a dénichée dans un marché à Istanbul et qu'elle a payée environ 5 dollars, ainsi qu'une jolie bague dorée plate qu'elle a trouvée dans une boutique du centre ville. "Ils l'ont tout simplement fondu puis égalisé", explique-t-elle quant au fin matériau tempéré puis liquéfié utilisé pour ce bijou. Au fond du couloir se trouve une pièce comprenant une petite partie de la garde robe d'Ashley : On y trouve tout un tas de chaussures Louboutin et Manolo, des bottes montantes, d'autres fourrées ou en crocodile, tout cela aligné de façon très précise. Il y a également quelques vestes courtes en fourrure, une jupe en tulle avec des raccords en cuir, une jupe Versace qu'elle a d'ailleurs portée lors d'un évènement VIP, et une robe dont les motifs lui font penser au milieu du bâtiment. "J'aime beaucoup les vêtements de ce style", explique-t-elle, pensive. Lorsqu'on regarde avec plaisir l'allure presque baroque dont jouit Ashley, on pourrait penser qu'elle était faite pour ça, la mode étant d'ailleurs la chose pour laquelle elle se consacrera toujours. Mais pas exclusivement. Toujours anxieuse à l'idée d'apparaître en public, elle n'aime pas particulièrement l'industrie de la mode qui met en avant les personnalités en manœuvrant coudes à coudes avec leur image publique. "Tout le monde semble se chercher", dit-elle, quelque peu consternée. "Quant à moi, je ne sais pas si je continuerai à dessiner pour cette collection éternellement", explique Ashley en grimpant les quelques marches qui conduisent à sa terrasse et en fumant une cigarette. "Quelques années plus tard, je réalise que j'aimerais faire quelque chose d'autre, et je n'en ai pas honte. Et si jamais je voulais redevenir actrice? Cela n'est pas encore décidé, mais si jamais je le souhaitais?" Tel est le privilège des personnes qui savent toucher à tout. La vie est belle quand tout est possible. Une semaine plus tard, nous retrouvons Ashley assise sur une chaise haute lors d'une séance photo. La maquilleuse lui applique un rouge à lèvres cendré et sulfureux qui fait ressortir ses yeux. Alors qu'elle se laisse faire consciencieusement, je lui demande de décrire le style de femme qu'elle visualise lorsqu'elle dessine pour The Row. "C'est une aventurière", dit Ashley sans hésitation. "Elle se trouve en Afrique avec un sac à dos. Elle vit aussi à Venise et elle a également un pied à terre à New York. Elle ne laisse rien affecter ses choix. Elle voit tout simplement une route éclairée qui s'offre à elle."

 

 

Mythiques Olsen - Tous Droits Réservés